AFRIQUE / CULTURE DES CHAMPIGNONS : LA MINE D’OR PEU EXPLOITEE DU CONTINENT


La cueillette saisonnière de champignons est une pratique très répandue. Une bonne partie des africains ignore qu’elle peut produire eux même des champignons comestibles. Depuis une vingtaine d’années, quelques producteurs africains ont décidé d’en faire leur cheval de bataille. Leur succès est un appel à plus d’initiatives dans le domaine.


La myciculture ou culture des champignons est très à la mode actuellement. Les producteurs aguerris encouragent les profanes à investir dans ce mode d’agriculture. Au Cameroun, beaucoup de formations sont organisées dans ce sens. Cet engouement pour la culture des champignons est justifié. En effet, les champignons sont utilisés dans la gastronomie et en pharmacie. Les champignons sont vendus en kilogrammes à des prix très intéressants « 3000 FCFA pour un kilogramme de champignons frais, et 5000 FCFA pour un kilogramme de champignons secs » comme le révèle Loba Zakari de la Côte d’ivoire. Ce revenu est très intéressant pour les producteurs. Car, ils produisent une centaine de kilogrammes de pleurotes, de shiitake ou encore d’auriculaires (quelques espèces) par mois.

La production de champignon à petite ou à grande échelle est plutôt simple. Le travail se fait en trois phases selon Loba Zakari : « Pour commencer, il y a l’incubation en chambre noire. Les sachets de sciure et de semences sont placés sur les étagères. Deux fois par jour, les ouvriers arrosent. Et après trois mois, quand les racines se sont formées, on sort les sachets pour les placer en chambre de production.» En 2010, les producteurs du GIC PROMOCHAMP au Cameroun révélaient avoir investi près de 6 millions de FCFA dans l’achat du matériel nécessaire pour leurs fermes champignonnières. Son promoteur, Thierry Fotso affirmait à l’époque que cet investissement était très onéreux même pour un groupement de producteurs. Mais en fin de compte, « une fois que vous avez obtenu la logistique de production, vous avez 5 mois pour rentrer dans vos dépenses. La marge bénéficiaire intervient généralement après le sixième mois. Mais cela dépend de la grosseur de votre structure de production ». a-t-il ajouté.

Aujourd’hui, l’investissement est plus abordable. A Brazzaville au Congo, une startup a mis sur pied des kits simplifiés de culture accessibles à tous. Bio-Tech Congo a été créée en 2017. Elle a pour mission la production de champignons à grande échelle. Tsengue Tsengue, le promoteur prévoyait que « dans un ou deux ans tous les Congolais puissent produire les champignons qui, derrière sa maison qui, sur son balcon et facilement ». Les kits vendus par l’entreprise coutent 1500 FCFA l’unité. Ces kits sont en fait des sachets plastiques dans lesquels les champignons sont ensemencés. Les kits Bio-Tech sont vendus dans plusieurs pays africains. Une ferme plus ou moins rentable coûte 9000 FCFA, soit 6 kits. Après acquisition, la première récolte est possible au bout de trois mois avec un rendement de près de 3 kilogrammes de champignons.

A l’exemple de Tsengue Tsengue au Congo, un camerounais se dit millionnaire grâce aux champignons. Il s’agit d’Arnaud Etoundi. Il avoue s’être lancé dans cette culture parce que« l’activité est rentable. Vous pouvez produire jusqu'à 10 kg de champignons frais au mètre carré et plus. On n’a pas besoin de calendrier agricole. Il s’agit de l'agriculture hors sol donc, pas besoin d'effectuer les opérations agricoles classiques qui sont le défrichage, l'abatage, le binage, le Buttage... ». Il révèle aussi que les retombées de l’exploitation de champignons lui ont permis de se marier, d’ouvrir un pressing, et de bâtir sa maison en 6 ans. Désormais il organise des formations pour encourager les jeunes à faire comme lui. L’objectif étant d’être tous autonome du gouvernement sur le long terme.

#CULTUREDESCHAMPIGNONS

Posts Récents