SOUDAN

SOUDAN / CONSEIL SOUVERAIN : LES GRANDS CHANTIERS QUI ATTENDENT LA TRANSITION.

Au Soudan, un nouvel exécutif est désormais au pouvoir, après la prestation de serment le 21 aout 2019, du président du Conseil souverain, le général al-Burhan. Ce tournant historique met en face des nouveaux dirigeants, plusieurs chantiers qui attendent la transition.

Parmi eux, d’abord la remise en route de l’économie. Un chantier colossal, puisque le Soudan doit composer avec une inflation écrasante, une monnaie dépréciée, des pénuries généralisées, un chômage de masse endémique, des caisses vides… Comme autres chantiers, il y’a le rétablissement d'une paix durable au Darfour, dans les États du Nil Bleu, du Kordofan du Sud, et donc aussi, logiquement, une réforme du secteur de la sécurité. Et puis il va s’agir aussi de négocier avec les mouvements rebelles en exil, qui n'ont pas été explicitement inclus dans l'accord de partage du pouvoir : des pourparlers doivent être conduits dans les six mois qui viennent, selon le texte final signé le week-end dernier.


Il est évident que ces tâches promettent une lutte politique difficile dans les trois années qui viennent, sachant qu’au Soudan, cohabitent l'armée régulière, mais aussi la police, des groupes armés politiques, les puissants services de renseignements qui disposent de leur propre milice, et puis aujourd'hui les redoutables Forces de soutien rapide du général Mohamed Hamdan Dagalo, surnommé « Hemeti ». Un membre important du Conseil souverain, parrainé par les pétromonarchies du Golfe, qui ont besoin de lui et de ses soldats pour mener la guerre au Yémen.


Ce serait donc pour certains observateurs, le début d'un long bras de fer, avec des civils en position de force, puisqu'ils disposent d'importants pouvoirs de réforme, mais aussi des généraux que rien n'incite à se laisser par exemple traîner en justice pour les crimes dont ils sont accusés.

Les étapes obligatoires du nouvel exécutif sont donc nombreuses. Du point de vue diplomatique, il va falloir convaincre aussi l'Union africaine d'accueillir de nouveau le Soudan et conduire une politique étrangère, ce qui inclut la levée des sanctions économiques qui étranglent le pays, et peut-être l'impunité pour les criminels du Darfour par exemple.


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