CAMEROUN / TRAFIC ILLÉGAL DU BOIS: LES POPULATIONS DE LA SANAGA MARITIME COURROUCÉES

August 17, 2020

L’exploitation forestière de façon illégale  au Cameroun, est devenue monnaie courante. Les forets  du triangle national font de plus en plus  l’objet d’un abus de coupe illicite de bois, ceci au détriment des populations qui souffrent  le martyr. C’est le cas du département de la Sanaga maritime qui depuis plusieurs mois, est en proie à cette activité très peu orthodoxe et pourtant génératrice de revenus.

 

Une activité, qui  se fait le plus  souvent au détriment des riverains. Pour le constater, nous nous sommes rendus dans ce grand département de la région du littoral afin de toucher du doigt et évaluer les difficultés,  auxquelles sont confrontés les habitants des différentes communes  qui constituent cette localité.

 

L’agonie des populations

 

De Pouma à Songmbengue en passant par  poutkak, Botko, Bakombè, Babimbi ou Nsoumè, le spectacle est le même. L'état de délabrement des pistes  qui sert de route aux grumiers pour le transport du sésame  laisse à désirer et les populations n’ont que leur yeux pour pleurer,  Ceci sous le regard bienveillant des autorités administratives représentant de l'état, et au grand dam  des populations qui n'attendent plus grand-chose de ces derniers. En réalité, c'est l'illégalité de l'activité  qui courrouce bon nombre de personnes au rang desquels sa Majesté Ntamack Louis, chef du village de Poutkak. «Nous ne connaissons pas ces gens qui viennent exploiter le bois chez nous, nous ne savons pas d'où ils viennent, ni qui leur a donné l'autorisation d'entrer dans nos forêts ». Nous confiera la Sa Majesté Ntamack. En effet, comment comprendre que du bois soit extrait d'une forêt  sans autorisation, et sans aucun respect de la réglementation en vigueur au Cameroun en ce qui concerne l'exploitation forestière.

 

 

La coupe sauvage d'essences et même  parfois protégées  dans ces forêts,  n'a d'égal que la brutalité et l'agressivité de ces exploitants. Nous manquerons d’ailleurs de peu de nous faire écraser par l'un de ces camions.

 

Agression, intimidation et  corruption, font partis du quotidien de  ces hommes d'affaires véreux,  qui détruise à la fois le tissu économique et environnemental  de la Sanaga maritime. « une fois, j'ai été battu par un groupe de personnes alors que je tentais de m'opposer au chargement d'un camion en saison des pluie car après le passage de ces véhicules, la route est tellement gâtée qu'on ne peut même plus aller à la rivière ». nous confiera Pascal Bayiha, jeune du village de Songmbengue.

 

 Des efforts de la municipalité bafoués par l’autorité administrative

 

Pour tenter de remédier à cette situation, la municipalité  sous la houlette de monsieur Simon pierre Bimai maire de la commune de Ngambe,  a donc entrepris d'ériger en collaboration avec le comité de développement de l'arrondissement , des barrières routières. Ces dernières,  ont ainsi permis  l'immobilisation de véhicule dont les cargaisons  ainsi que les propriétaires étaient  de nature douteuse. Ces barrières, avaient aussi pour objectif de stopper ce trafic au moins pendant  la saison des pluies, ceci afin de préserver un tant soit peu des routes déjà en très mauvais état du fait de cette activité.

Mais à la surprise générale, l'autorité administrative ordonnera la levée de ces barrières plongeant  dans la confusion,  l'ensemble des riverains qui ne demandent qu'à jouir également des retombées de l'exploitation de leur patrimoine. « Nous voulons des routes, cela nous permettra d'avoir des écoles, des centres de santé moderne et bien plus encore», n'a cessé de marteler Sa Majesté Imoma Imoma Bassong  chef supérieur du canton Ndog-Makumak.

 

Du coté de l'autorité de tutelle, les multiples descentes des agents sur les terrains ne parviennent pas à endiguer les phénomènes. Mais néanmoins, la dernière mission en date aura permis de constater la réalité de cette exploitation illégale et sauvage,  et des  saisies ont été opérées  sur tous les sites. Un rapport établissant l'ampleur du préjudice sera dressé à la hiérarchie, et le bois saisi sera vendu aux enchères.

 

Au vu de tout ceci, il est désormais  judicieux de s'interroger sur la véritable identité, des commanditaires de la coupe de bois sauvage et illégal dans le département de la Sanaga maritime. À ce jour, la question reste posée.

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