CAMEROUN/COVIDGATE : LA DESCENTE AUX ENFERS DES FOSSOYEURS DES FONDS COVID POURRAIT S'ACCELERER



Les auditions prescrites par le chef de l’Etat camerounais Paul Biya, pour «un audit des fonds affectés à la lutte contre le coronavirus» qui se déroulent depuis quelques semaines au Tribunal criminel spécial(TCS), épinglent la plupart des membres du gouvernement ayant déjà fait leurs dépositions, ainsi que de nombreux responsables d'entreprises et autres "prostituées de luxe". En tout, vingt-trois ministres sont concernés par l’enquête, au rang desquels le Premier ministre, Joseph Dion Nguté, qui a déjà donné sa version des faits. Les dernières auditions des personnalités soupçonnées et autres relais, présumés sont en cours. Le temps presse, et il faut faire vite. Le Cameroun négocie, actuellement, un second accord avec le Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre la Facilité élargie du crédit (FEC) qui devrait permettre au Cameroun de bénéficier en juin prochain d’un concours financier de 375 milliards de FCFA, (environ 696 millions de dollars) en vue de poursuivre le développement de son économie.


Problème, le FMI conditionne ce financement par la présentation d’un « audit clair et précis » sur la gestion des fonds précédemment débloqués en avril 2020 au titre de la Facilité de crédit rapide (FCR) pour aider le Cameroun à répondre aux besoins urgents de financement de sa balance des paiements dus à la pandémie de COVID-19 et aux chocs sur les termes de l’échange provoqués par la chute brutale des prix du pétrole.


Le conseil d’administration du FMI qui devrait tabler sur le dossier du Cameroun le 23 juin 2021 attend des éclaircissements. La pression sur les autorités camerounaises est forte d’autant qu’au fil des semaines, le FMI, apparemment bien informé, semble avoir durci sa position. Il n’est pas donc exclu que Paul Biya qui sera en possession des conclusions de l’enquête judiciaire cette semaine, sévisse durement envers des ministres jugés fautifs en procédant dans un premier temps à un remaniement ministériel. Ce qui donnerait plus de chance au Cameroun d’accéder à ce nouveau financement. Dans un second temps, tout laisse croire que des ministres reconnus coupables de détournements de deniers publics devraient faire face à la rigueur de la loi. Ils pourraient être directement mis sous mandat de dépôt en prison grossissant le nombre d’anciens ministres et de hauts responsables publics et privés embastillés dans le cadre de la campagne anti-corruption dénommée l’opération « Epervier ».


Ainsi, 23 départements ministériels se sont partagé 128,2 milliards de F CFA de dotations, soit 71 % des 180 milliards de la dotation globale du Fonds spécial de solidarité nationale pour la lutte contre le coronavirus. Saisis par les auditeurs, seuls 19 ministères ont répondu à la demande d’informations à la fin septembre 2020.

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