DESTABILISATION : ENQUETE SUR LE TERRORISME EN AFRIQUE, LES MOYENS D'ACTIONS, LE FINANCEMENT...



Le Sahel, le bassin du lac Tchad, la corne de l’Afrique et le Mozambique sont aujourd’hui le théâtre de jeux de pouvoir entre plusieurs groupes terroristes islamistes. La porosité des frontières et l’étendue des territoires permettent aux groupes de se déplacer facilement, et l’absence de gouvernance de ces zones souvent délaissées par les autorités rend peu probable la résistance par les forces armées ou les civils, assurant aux groupes une victoire par la force. La grande pauvreté des populations, l’absence de perspective de la jeunesse et le manque d’infrastructures et de services offrent également un champ d’action pour certains groupes plus politisés comme Al-Qaïda, qui remplissent parfois les prérogatives régaliennes (mise en place d’école, accès à l’eau, distribution de nourriture, etc.) pour gagner les cœurs et les esprits et s’imposer en ralliant à leur cause les populations civiles.


Il demeure cependant difficile d’avoir une image claire de l’état de la menace terroriste en Afrique du fait du nombre de protagonistes : si la polarisation des affiliations à l’État islamique et Al-Qaïda rend la situation plus lisible qu’il y a quelques années, le paysage djihadiste est en fait composé d’une multitude de groupes aux intérêts et objectifs propres. Les alliances, qui peuvent être déterminées par des considérations locales ou familiales et conflits entre ces groupes participent à la complexification de la lecture. A cela s’ajoute la présence dans sur ce terrain de groupes rebelles ou de bandits travaillant à la solde de ces groupes pour des raisons principalement financières.


Pour simplifier la compréhension, il est possible de diviser ces différents mouvements terroristes djihadistes en plusieurs groupes. Al-Qaïda et affiliés, dont le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM) ou AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique). Groupe à la présence historique en Afrique et à la structure organisée et éprouvée, il essaye aujourd’hui de renforcer sa présence en particulier au Sahel pour faire face aux tentatives de prise de contrôle de l’État islamique.


L'on compte aussi L’État islamique et affiliés dont l’État islamique au Grand Sahara, l’État islamique en Afrique de l’Ouest ou l’État islamique au Sahel. Dernier arrivé sur le théâtre africain, l’État islamique a rapidement réussi à rallier à sa cause de nombreux groupes. Agissant avec une extrême violence, le groupe et ses affiliés se battent sur de nouveaux territoires jusque-là relativement protégés de la menace terroriste comme le Mozambique.


Boko Haram. Principalement présent au Nigéria et dans les régions frontalières du Tchad, du nord Cameroun et du sud Niger, le groupe à prêté allégeance à l’État islamique en 2015 dans le but d’étendre son influence, mais suit sa propre dynamique.


Al-Shabaab. Présent en Somalie, ce groupe terroriste est le plus actif des groupes terroristes djihadistes en Afrique, et ce depuis des années.


Trafics d'armes et de stupéfiants comme source de financement


Interpol et l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) ont lancé en décembre dernier l’opération KAFO II. Les agents ont contrôlé plus de 12 000 personnes, véhicules, conteneurs et marchandises dans les bases de données criminelles internationales et ont effectué des recherches sur le terrain afin de déterminer si les suspects utilisaient des documents de voyage volés, étaient connus des services de police de l'un des 194 pays membres d'Interpol ou voyageaient dans un véhicule volé. Une opération qui a conduit à l'arrestation d'un certain nombre de terroristes présumés. Les policiers ont saisi des armes à feu et toute une série de marchandises illicites telles que 50 armes à feu, 40.593 bâtons de dynamite, 28 cordons détonateurs, 6.162 cartouches de munitions, 1.473 kilos de drogues (cannabis et khat), 2.263 boîtes de médicaments de contrebande et 60.000 litres de carburant de contrebande. Ce qui montre clairement l'utilisation de la contrebande comme une source de financement pour les groupes terroristes.


En outre, plus de 40.000 bâtons de dynamite et de détonateurs ont été saisis en plusieurs endroits, tous destinés à l'extraction illégale d'or qui constitue une nouvelle source de revenu, et même un terrain de recrutement, pour les groupes terroristes armés au Sahel.

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