ÉTHIOPIE: ABIY AHMED ET SON PARTI GRANDS FAVORIS DES ELECTIONS REGIONALES ET LEGISLATIVES CE 21 JUIN



Le premier ministre, Abiy Ahmed, est favori du scrutin législatif du 21 juin, reporté dans plusieurs régions en raison de la situation sécuritaire. « La seule chose dont nous sommes sûrs en Ethiopie aujourd’hui, c’est que le Parti de la prospérité [du premier ministre Abiy Ahmed] va remporter les élections haut la main", résume un diplomate occidental.


« Le monde entier prédit que nous allons nous entre-déchirer, mais nous allons leur montrer que nous nous comportons autrement », a tonné Abiy Ahmed lors de son unique meeting de campagne, tenu près de sa ville natale, à Jimma, dans la région Oromia. L’optimisme du leader éthiopien est cependant loin d’être contagieux, aussi bien chez ses opposants qu’à l’étranger.


Les électeurs éliront 547 membres du parlement fédéral et le chef du parti gagnant devient Premier ministre. Les dernières élections générales ont eu lieu en 2015.


Légitimité


M. Abiy est arrivé au pouvoir en avril 2018 à la suite de manifestations contre le gouvernement de coalition dominé par le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) et a entrepris de secouer l'Éthiopie.


Il a réprimé la corruption, libéré des prisonniers politiques, nommé davantage de femmes au cabinet et fait la paix avec l'Érythrée voisine, après une guerre frontalière de 1998-2000 qui a fait des dizaines de milliers de morts.


Son audace réformatrice lui a valu le prix Nobel de la paix 2019, mais à peine un an plus tard, il a mené une opération militaire dans son propre pays - déployant des troupes dans la province septentrionale du Tigré pour évincer le TPLF en tant que parti au pouvoir dans la région, après que celui-ci ait saisi des bases militaires dans ce que M. Abiy considérait comme une tentative de le renverser.


Ces élections du 21 juin sont pour lui capitales : après avoir été désigné Premier ministre en 2018, il entend à présent donner à son pouvoir une légitimité populaire. Son Parti de la prospérité part grand favori.


Initialement prévues en août 2020, ces élections ont été reportées à deux reprises – en raison de la pandémie, puis de retards d'organisation. Elles vont pourtant se tenir dans un contexte de violence rare : la région du Tigré est en proie à la famine après sept mois de guerre et les conflits communautaires gangrènent le pays.


Sur 547 circonscriptions, 110 sont privées de vote en raison de l’insécurité grandissante dans le pays. La commission électorale éthiopienne, incapable de mener à bien l’inscription des électeurs dans ces districts, a annoncé que le scrutin s’y tiendrait finalement le 6 septembre. Quant à la province du Tigré, dévastée par la guerre qui oppose, depuis novembre, les forces gouvernementales et les partisans du Front populaire de libération du Tigré, elle est exclue du processus électoral.

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