MALI / DÉCLARATIONS DE MACRON : UN NON ÉVÉNEMENT POUR LE COMITÉ NATIONAL POUR SALUT DU PEUPLE



La France condamne « avec la plus grande fermeté l'arrestation du président de la transition. Nous sommes prêts, dans les prochaines heures, si la situation n'était pas clarifiée, à prendre des sanctions ciblées» a déclaré mardi Emmanuel Macron à l'issue d'un sommet européen, la France demandant une réunion d'urgence au Conseil de sécurité de l'ONU.


Des propos qui ont été bottés en touche par le Comité National pour le Salut du peuple, dirigé par le Colonel Assimi Goita. Pour le nouveau pouvoir, ces déclarations du président français sont sans importance.


Au Mali, le président de la transition Bah Ndaw et le Premier ministre Moctar Ouane ont été démis leurs fonctions par le CNSP. Une décision soutenue par le peuple malien. En effet, depuis la mise en place du pouvoir de transition, la population ne cesse de manifester son mécontentement. Entre grèves et manifestations diverses, le peuple malien a décidé d’apporter son soutien aux militaires qui ont procédé à l’arrestation du président Bah Ndaw et du premier ministre Ousman Ouane.


Déjà, il y’a quelques semaines encore, ils étaient des milliers dans plusieurs villes du pays et principalement à Bamako, à manifester contre la présence de certaines forces étrangères, surtout de la France au Mali. Ils réclament entre autre le départ des forces militaires françaises au Mali, et la rupture des liens diplomatiques avec la France. Pour la population, le pouvoir de transition reste toujours un valet de l’Elysée.


Que s’est –il passé ?


Au sein du leadership malien, deux camps s’affrontent. L’un pro russe et l’autre pro français. Assimi Goita ne l’a jamais caché, la France c’est du passé.


A l’issue la formation du nouveau gouvernement qui a conduit à la destitution du président et du premier ministre, les militaires pro russes avaient été écartés. Ces derniers ont été mis de côté par le président Bah Ndaw et son premier ministre contrairement aux accords conclus avec le Conseil national du salut, pourtant initiateur de ce gouvernement de transition.