Tchad / Conseil Militaire de Transition : Comment Mahamat Idriss Déby prend le pouvoir ?



Le Maréchal Idriss Deby Itno est décédé le 20 avril dernier des suites de blessures reçues au combat contre des rebelles, alors qu’il venait d’être réélu pour un nouveau mandat à la tête du Tchad. A la suite, un Conseil Militaire de Transition (CMT) a été mis en place pour assurer la relève pendant 18 mois, avant d’organiser des élections libres et démocratiques, et ainsi passer le pouvoir à un civil. Pour diriger le Conseil, le choix s’est porté sur le Général Mahamat Idriss Deby, fils du défunt président.


Comment Mahamat Idriss Deby est choisi par le Conseil Militaire ?


A 37 ans, Mahamat Idriss Deby a pris la tête du CMT. Cependant, un plutôt, le président de l’Assemblée Nationale affichait son soutien au Conseil Militaire de Transition. En effet, rappelant les conditions dans lesquelles le Maréchal du Tchad Idriss Deby Itno, chef suprême des armées a rendu l’âme, et eu égard à ce contexte militaire, sécuritaire et politique dans la sous-région, le président de l’assemblée nationale a, « en toute lucidité donné son accord pour la mise en place d’un conseil militaire de transition en vue d’une transition politique dans la sécurité et la paix », selon un communiqué de l’institution.


Il revenait ainsi au CMT de choisir celui qui prendra la tête du Conseil. Les caciques du régime et plusieurs généraux ont désigné Mahamat Idriss Deby. L’objectif étant de continuer d’éviter la paralysie de l’Etat et de ses institutions. Toutefois, mais cela ne s’est pas fait sans débat.


Plusieurs personnalités, dont des généraux également désignés


D’après des sources, une quinzaine de généraux ont également fait l’objet de débat, alors qu’il fallait choisir celui là qui prendra la tête du CMT. Parmi eux, Ahmat Youssouf Mahamat Itno, le chef de la police ou encore Taher Erda, le patron des renseignements militaires, tous des fidèles au défunt président. Mais Mahamat Idriss Deby s’est imposé à eux, et même au-delà. En effet, certains autres fils du président Deby auraient pu être choisis. Le cas de Zakaria, actuel ambassadeur aux Émirats arabes unis. Seulement, beaucoup considèrent que le nouvel homme fort du CMT, au parcours militaire exemplaire et sa connaissance du terrain est un atout fort, au regard des enjeux sécuritaires qui s’imposent au Tchad. De plus, il est le numéro un de la Direction générale des services de sécurité des institutions de l’État, un atout majeur.


Mahamat Idriss Deby offre de réelles garanties


Mahamat Idriss Deby Itno, le sauveur de la France à Ifoghas au Mali. C’est en 2013, que ce général quatre étoiles, s’est distingué. C'est via sa nomination au poste de commandant, en second, des Forces armées tchadiennes, qui interviennent dans le nord du Mali (FATIM), sous les ordres du général Oumar Bikomo, qu'il marque les esprits. Celui qui a côtoyé les forces françaises et occidentales au Sahel, apparaissait déjà comme un interlocuteur crédible à leurs yeux.


Mahamat Idriss Deby, l’homme de la situation à Ifoghas


Le Tchad a envoyé le plus gros contingent africain au Mali. L’histoire remonte en 2013, lorsqu’aux côtés de l'armée française, les soldats tchadiens, sous le commandement du fils du président, le général Mahamat Idriss Déby Itno, sont en première ligne de la seconde phase de l'opération Serval lancée pour protéger Bamako d'une offensive djihadiste, et débarrasser le nord du Mali des groupes armés islamistes. Alors que les autres contingents africains sont principalement stationnés dans le sud du Mali, plus de 2 500 soldats venus du Tchad et du Niger appuient 4 000 militaires français (forces spéciales, unités parachutistes, légionnaires) dans leur avancée contre les groupes djihadistes retranchés dans le massif des Ifoghas, une zone désertique et montagneuse dans le nord-est du Mali. Dans cette zone, et plus particulièrement dans la vallée d'Ametettai, qui semble être l'épicentre des combats, ils traquent les djihadistes dans des grottes et des cavernes dans des vallées difficiles d'accès, avec le soutien des populations locales et de Touareg qui leur servent de guides. Soutenus par des avions et des hélicoptères de combat qui préparent l'intervention des forces terrestres, L’armée Tchadienne, sous le commandement de Mahamat Idriss Deby Itno, inflige de lourdes pertes aux djihadistes lors de violents combats à très courte distance. Dans ce combat, les combattants tchadiens disposent d'atouts de taille. Car ce sont des troupes extrêmement aguerries au combat dans le désert, contrairement aux armées de la Cédéao. Ils supportent bien la chaleur extrême, ils savent que l'adversaire est très mobile, car c'est une guerre de pick-up, où les djihadistes se déplacent tout le temps. Or, les soldats tchadiens ont eux aussi une parfaite maîtrise des déplacements rapides dans le désert, sans points de repères.


Mahamat Idriss Deby Itno à la tête d’une armée d’expérience


L'armée tchadienne est réputée pour être l'une des meilleures de la région, avec 30 000 militaires actifs et des moyens modernes financés par le pétrole. "Il y a certainement au Mali le fleuron de cette armée tchadienne", indique Philippe Hugon. Des éléments de l'armée pour l'essentiel issus de l'ethnie des Zaghawa fidèle au président Déby qui en est issu et composés notamment de forces spéciales antiterroristes formées par l'armée américaine en 2004. Intervenus dans les différentes opérations militaires au Tchad, leur réputation n'est plus à faire. Les Tchadiens se sont illustrés contre plusieurs rebellions dans le Darfour soudanais. En décembre 2013, juste avant de s'engager au Mali, l'armée tchadienne s'est également positionnée en force d'interposition en Centrafrique voisine, pour stopper la progression de la coalition rebelle du Séléka, qui s'était emparée de la majeure partie du pays avant de se retrouver aux portes de Bangui. Autre atout de taille : les soldats tchadiens ont l'habitude d'opérer avec l'armée française. Cette dernière avait mis en place au Tchad les opérations Manta (1983) et Epervier (1986), apportant une aide décisive à l'armée tchadienne face aux troupes libyennes, alliées à l'opposant tchadien Goukouni Ouéddeï. Né en 1983, le général Mahamat Idriss Déby Itno est l'un des fils du défunt président Idris Deby. C’est un pur produit de l'armée tchadienne et il jouissait d'ailleurs de toute la confiance de son père sur le plan militaire. Âgé de 37 ans, il a étudié au Groupement des écoles militaires interarmées du Tchad. Il a ensuite effectué un cours séjour dans une école militaire en France, avant d'intégrer les armées tchadiennes, suivant les directives de son père.Il entre alors dans la Direction générale de service de sécurité des institutions de l’État (DGSSIE), la fameuse garde présidentielle. Mahamat Idriss Déby, a déjà passé l'épreuve du feu sur le terrain puisqu'en 2009, à seulement 25 ans, il participe à la bataille victorieuse d’Am-Dam contre une coalition rebelle, menée par Timan Erdimi, son cousin dans l’est du Tchad. Néanmoins, il faut dire qu'il n'était pas une personnalité publique de premier plan pendant la présidence de son père. Mais, il a assuré la sécurité présidentielle et était au cœur de l'arsenal militaire dont disposait Ndjamena. Mahamat Deby Itno a la charge de conduire une transition militaire de 18 mois.

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